Affichage des articles dont le libellé est Noël. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Noël. Afficher tous les articles

lundi 26 décembre 2022

Illustration d'un conte de Noël écrit par Gaston de Pawlowski (1922)

     Jean Routier a illustré des dizaines de textes (articles, récits, contes, feuilletons) dans les journaux et revues, notamment dans Automobilia / L'Automobile aux Armées. Il sera difficile de les publier tous dans le cadre de ce blog, mais on pourra s'essayer à une typologie des types et professions croqués par ce biais.

     Dans le numéro 135 d'Automobilia du 31 décembre 1922, Gaston de Pawlowski, alors co-directeur de cette revue bimensuelle, publie un conte de Noël intitulé L'automobiliste Léon, pour lequel Jean Routier fournit cinq dessins (p. 52-54) [1].

     Gaston de Pawlowski (1874-1933), docteur en droit, journaliste sportif passionné de vélo et d'automobile, puis critique dramatique au Journal de 1918 à 1933, était un écrivain prolixe et à l'imagination fertile. Rédacteur en chef de Comoedia de 1907 à 1914, de l'Automobile aux Armées au moins depuis novembre 1919, il rédigeait de nombreuses chroniques mais aussi des récits et des contes, textes souvent courts qu'il réunissait ensuite en volumes. Son livre le plus connu "Voyage au pays de la quatrième dimension" (1912) a été plusieurs fois réédité [2]

 Le conte  

Dans ce conte de Noël, G. de Pawlowski apparaît bien conforme au portrait qu'en dresse Eric Dussert : "un auteur délicieux, généreusement fantasque", "un délicat  humoriste du quotidien, habile aux observations douces et saugrenues." [2]. Il y raconte une nuit de Noël dans une gare régulatrice, après la victoire : le blocage de trains de démobilisés, les poilus vaseux, la nostalgie du colonel "chef de gare" et les frasques de la colonelle.


G. de Pawlowski- Automobilia, 135, 31 décembre 1922, p. 52-54 - Bibliothèque nationale de France -cl. de l'A.

 

 


Pawlowki joue sur les noms et sur les mots. Sans prétendre tout décoder, voici quelques clés favorisant la lecture :

- Gare régulatrice : pendant la guerre, organe réglant tous les mouvements de trains dans une zone donnée pour assurer le ravitaillement, l'approvisionnement en matériels, les évacuations sanitaires, etc. A sa tête un commissaire régulateur. Le nom de "Remply-les-Pots" est évidemment fantaisiste. On pourra se rendre compte de l'importance vitale de ces gares à travers l'exemple de celle de Calais, créée de toutes pièces à Calais au cours de la première guerre mondiale [3].

- La troisième classe : les soldats voyageaient en troisième classe dans de mauvaises conditions comme l'explique l'historienne Emmanuelle Cronier, dans un article du journal Le Monde : voyages lents dans des trains bondés, mal éclairés, mal chauffés, sans toilettes, alors que les officiers bénéficiaient de la première classe [4].

 - Édouard Detaille (1848-1912), peintre et illustrateur, spécialiste de scènes militaires. Son tableau le plus connu, Le Rêve (conservé au Musée d'Orsay [5]) , daté de 1888, représente des conscrits endormis rêvant des actions glorieuses de leurs aînés. Dans le conte de Noël, ce n'est pas de la Revanche dont rêvent les poilus, mais de Buvette et de Tabac.

- R.A.T. : Régiment d'Artillerie de Tranchée ou Régiment d'Artillerie Territorial. 

- Un vieux territorial : de 34 à 45 ans, les hommes sont affectés à l'armée territoriale et à sa réserve (40 à 45 ans puis 46 à 49). Contrairement à l'armée active qui monte en première ligne, la territoriale devait se consacrer à des travaux annexes. Mais au fil des mois, la distinction s'estompe et certains régiments territoriaux montent au front, parfois en première ligne. Un vieux territorial, c'est presque une redondance. Les territoriaux étaient aussi surnommés "les pépères".

- Venus hottentote : allusion à Saartjie Baartman, femme noire du peuple Khoïsan (Afrique du Sud) réduite en esclavage et exhibée en Angleterre et en France entre 1810 et 1818 en raison de sa morphologie (des protubérances fessières).

- Colonel Saint-Fiacre de Rocade : sans doute un nom fantaisiste.

- Les belles affiches périmées d'Hugo d'Allez-y : Hugo d'Alesi (1849-1906) peintre d'origine roumaine, auteur d'affiches touristiques pour les compagnies de chemin de fer. Ostende est une station balnéaire belge ; les grottes de Han (et non Ham ; confusion avec le nom du fort ou château de Ham dans le département de la Somme ?) sont un vaste réseau souterrain situé en Wallonie. Je n'ai pas trouvé les éventuelles affiches correspondantes.

- Ordonnance : Pawlowski joue sur deux sens du mot ordonnance : prescription médicale écrite ; soldat attaché au service d'un officier.

- Noël et Léon : ces deux mots se lisent dans les deux sens, mais avec une signification différente. Ce sont des anacycliques.

- Il est cocu, le chef de gare... : on lit sur différents sites que ce  refrain serait un détournement par les soldats de 1914-1918 d'une chanson intitulée "Il est content le chef de gare", chantée par Eugène Gabriel Mansuelle (1873-1938), artiste de café-concert, en 1912 sur l'air de "Il était un petit navire". C'est ce que laisse aussi entendre un article très documenté d'E. Cronier [6]. Mais la partition de 1910, reproduite ci-dessous,  comporte déjà les deux variantes con-tent/co-cu [7]. Les paroles sont de Adolphe Crozière (1873-1946, homme de lettres) et de Maader (1853-1930, parolier). Un enregistrement du 29/7/1911 par Mr Elwel (pseudonyme de Eugène Sylvain Besson, 1880-1944) utilise la version co-cu [8]. Il n'y a donc pas de détournement mais utilisation d'un texte existant.


Les dessins de Jean Routier

 

Jean Routier- Automobilia, 135, 31 décembre 1922, p. 52-54 - Bibliothèque nationale de France -cl. de l'A.





 

Annexe

 

Source : Gallica - Bibliothèque nationale de France


Notes

[1] Les rapports entre Gaston de Pawlowski et Jean Routier méritent un billet détaillé. G. de Pawlowski participe à l'aventure de L'Automobile aux Armées / Automobilia, dès le premier numéro (février 1917) mais sans que l'on connaisse précisément son statut au sein de la revue, faute d'ours. Il apparaît comme Rédacteur en chef dans le n° du 15 novembre 1919, puis comme co-directeur en 1920. Curieusement, cette revue n'est pas mentionnée dans les nécrologies et biographies de Pawlowski que j'ai consultées.

[2] Sur Gaston de Pawlowski, outre quelques nécrologies de 1933, j'ai consulté :
- la postface de  François Caradec à une réédition de Les dernières inventions de M. de Pawlowski, Paris, Balland, 1973, 135 pages [p. 123-129].
- une notice publiée par Fabrice Lefaix sous le titre Cher Gaston dans son blog "Au temps de l'Oeil Cacodylate", en date du mars 2007 : http://dadaparis.blogspot.com/2007/03/cher-gaston.html
-  le portrait écrit par Eric Dussert, Une forêt cachée. 156 portraits d'écrivains oubliés. Paris : La Table Ronde, 2013, p. 246-248.
 
[3] http://histopale.net/les-communes/le-chemin-de-fer-1/la-guerre-14-a-calais/ 
Un numéro spécial de la Revue d'histoire des chemins de fer (50-51, 2018) est consacrée à Gares en guerre, 1914-1918 : https://journals.openedition.org/rhcf/2554
 
[4] https://www.lemonde.fr/centenaire-14-18/article/2014/09/04/les-gares-pendant-la-grande-guerre-un-repere-pour-le-soldat_4482423_3448834.html
Emmanuelle Cronier est l'auteur du livre "Les Permissionnaires dans la Grande Guerre" (Belin, 2013, 349 p.), issu de sa thèse de doctorat.

[5] https://www.musee-orsay.fr/fr/oeuvres/le-reve-9171

[6] Beaucoup de détails (notamment tirés des "journaux de tranchées" dont des extraits sont cités) dans un article d'Emmanuelle Cronier, “Les permissionnaires du front face aux cheminots pendant la Première Guerre mondiale”Revue d’histoire des chemins de fer [Online], 36-37 | 2007, Online since 10 May 2011, connection on 26 December 2022. URL: http://journals.openedition.org/rhcf/101; DOI: https://doi.org/10.4000/rhcf.101

[7] https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k11686708/f3.item

[8] https://www.discogs.com/fr/artist/6908842-Mr-Elwel


mardi 20 décembre 2022

 Un conte de Noël en bande dessinée (1922)


     La participation de Jean Routier à la revue L'Automobile aux Armées (devenue Automobilia), depuis son premier numéro en février 1917, est multiforme : couvertures, bandeaux-titres, illustrations d'articles ou de récits, publicités et ... bandes dessinées que je tenterai, dans un futur billet, de caractériser. Pour l'heure, je me borne à présenter un conte de Noël publié dans le numéro 135 daté du 31 décembre 1922. Il s'intitule "Le Poêle mobile" et se compose de 13 "vignettes" numérotées sur deux pages en regard.

Jean Routier - Automobilia, 135, 31 décembre 1922, p. 28-29 - Bibliothèque nationale de France -cl. de l'A.

 

 


 


 

Quelques observations :

  • Cette histoire fantastique d'un poêle devenu moyen de locomotion a sans doute été inspirée à Jean Routier par le fait divers relaté dans mon billet du 19 décembre ("Quand les poêles explosaient"). 
  • Des deux frères enrichis par cette invention, seul l'aîné est doté d'un prénom (Toto). Les marques extérieures de richesse sont l'automobile avec chauffeur, l'hôtel particulier (avec concierge) et les cigares.
  • Petite pique contre la sédentarité des  Receveurs de l'enregistrement et du timbre (vignette 1).
  • D'un point de vue formel, on remarquera que les vignettes ne sont pas entourées d'un trait mais qu'elles sont néanmoins bien délimitées comme le montre la gouttière verticale sur la page de droite  qui coupe nettement certains personnages (voir n° 10 et 11) ; toutefois la légende de la vignette 6 déborde sur le territoire de la 5.

 

lundi 21 décembre 2015


Riri et Bouboule (Noël 1925) : une enquête à poursuivre


        Parmi les papiers conservés par la petite nièce de Jean Routier figure une petite BD en six cases, découpée dans une publication sur papier journal (h. : 47 cm). En voici les caractéristiques.

- Cette bande dessinée, intitulée "Riri et Bouboule", raconte la nuit et le matin de Noël d'un petit garçon, Riri, et de son chien, Bouboule.
- La légende est bilingue (français et alsacien).
- Cet extrait est une partie de 7e page d'un "Numéro de Noël 1925" ; le fait que ce soit la page des enfants indique que la publication s'adressait à toute la famille.
- Le verso qui porte la mention "Jouets ... Louvre" est publicitaire.
- En bas de page figure mention de l'imprimeur : "Impr. Française Ch. Schuler et L. Minck, Strasbourg".






         J'ai mené une première enquête près de la Médiathèque André Malraux de Strasbourg dont la conservatrice chargée du secteur patrimonial - que je remercie très vivement - a pris grand intérêt à cette histoire. Elle m'a appris :

- que le document n'est pas issu de « La Dépêche de Strasbourg » de Noël 1925, grand journal édité par l'Imprimerie Minck [1] ;

- que l'alsacien (strasbourgeois) est globalement irréprochable, et que la question se pose même de savoir si ce n'est pas le texte original, traduit ensuite en français (expertise de Marc Hug, linguiste auquel elle a soumis le texte).

          Qu'en conclure ? J'ai l'impression qu'il ne s'agit pas d'un quotidien, en raison de la mention "Numéro de Noël". Je n'ai pas connaissance d'un lien quelconque de Jean Routier avec l'Alsace et je doute qu'il ait écrit en Alsacien. En revanche, il travaillait pour la presse et aussi pour la publicité. Il a ainsi dessiné une publicité pour les jouets des Nouvelles Galeries en décembre 1925 (publiée dans 15 quotidiens nationaux du 3 décembre 1925) auquel j'ai consacré le billet du 30 décembre 2014. Il existait à Strasbourg, vers 1900, un magasin du Louvre, rue de la Haute-Montée, auquel succèdent en 1925 les Grandes Galeries. S'agirait-il d'un journal publicitaire ou d'un catalogue de ce grand magasin ? La mention portée à l'encre violette sur ce défet, sans doute de la main de la mère de Jean Routier : "Maman. Les enfants et Papa aussi" serait-elle le titre de la publication ?

        En l'absence d'un document complet, on ne peut expliquer la mention "suite IX » placée dans la partie supérieure du cadre de la BD : s'agit-il du 9e encart lié à Noël dans cette publication, ou bien du 9e épisode des aventures de Riri ? Et dans ce cas, les huit précédents sont-ils de Routier ?
Deux dernières remarques : Bouboule est un bouledogue, comme le jouet de la publicité du 3 décembre. C'est encore le nom qu'emploiera Jean Routier, vingt ans plus tard, pour un autre bouledogue dans un conte pour enfants qui fera l'objet d'un prochain billet.

         L'enquête est donc à poursuivre...




Revers du défet (doc. de SZR)


 Notes

[1] Sur Lucien Minck (1881-1972), voir :LORENTZ (Claude).- La presse alsacienne du XXe siècle. Répertoire des journaux parus depuis 1918. Strasbourg : Bibliothèque nationale et universitaire, 1997, p. 473. Je dois cette référence à l'obligeance de Mme Agathe Bischoff-Moralès.

mardi 30 décembre 2014

Jouets de Noël

Une campagne publicitaire des Nouvelles Galeries en 1925


     Une partie de la production graphique de Jean Routier résulte de commandes publicitaires. La grande majorité concerne le monde automobile : constructeurs d'automobiles (De Dion-Bouton, Voisin), ou équipementiers (Dunlop, Solex, Spidoléine, etc.). On connait moins les commandes émanant de grands magasins, par exemple la Belle Jardinière ou encore Les Nouvelles Galeries.

     Le jeudi 3 décembre 1925, une publicité des Nouvelles Galeries, signée de Jean Routier, est publiée dans les principaux journaux parisiens : les "quatre  grands" (le Journal, le Matin, le Petit Parisien et le Petit Journal), mais aussi au moins onze autre titres quotidiens couvrant un large éventail social [1]. Elle montre un lapin musicien sur roulettes poursuivi par six bouledogues attelés ;  sur chaque chariot et fixée une des lettres du mot "Jouets". Bien qu'il soit difficile d'évaluer le tirage de la presse de cette époque [2], on peut affirmer que le total atteint par ces quinze titres correspond à plus de 2 millions d'exemplaires, ce qui fait de ce dessin la production sans doute la plus diffusée de Jean Routier, mais aussi l'une des plus éphémères !


Le Figaro, jeudi 3 décembre 1925, défet 30,5 x 15,5 cm (doc. de l'auteur)



 La Lanterne, jeudi 3 décembre 1925
Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

     
Le site    
     Le 20, Boulevard Bonne-Nouvelle (Paris, 10e) a d'abord été occupé par le Bazar Bonne-Nouvelle, fondé en 1838, transformé en 1863 en un grand magasin dénommé "A la Ménagère". Racheté par la Société Française des Nouvelles Galeries Réunies, le bâtiment est rebâti après un incendie en 1899 ; les Nouvelles Galeries y édifient leur magasin de détail, à son tour victime d'un incendie le 12 juillet 1930 qui met fin à cette implantation et laisse place à un terrain vague jusqu'à l'installation d'un bureau de la  Poste et d'un central téléphonique vers 1953 [3].


 
Incendie du magasin des Nouvelles Galeries - Agence Meurisse, 1930
Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Jouets
     Je n'ai pas fait de recherche particulière sur les jouets de 1925, mais étant tombé par hasard sur un article du Journal consacré au sujet (signé E. C.), j'en retiens un extrait qui mentionne les bouledogues.



 Le Journal, mardi 22 décembre 1925
Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

     Je n'ai pas trouvé d'images de jouet correspondant au lapin. En revanche, on trouve sur les sites de ventes aux enchères, des bouledogues en carton avec système de chaines ouvrant la gueule de l'animal et provoquant un aboiement [4].




Addendum du 9 janvier 2015 
Voici une photo de jouet bouledogue [5]

 Galerie de Chartres, vente du dimanche  2 décembre 2007, n° 602


Notes
[1] Ce dépouillement a été réalisé dans Gallica : L'Action Française, L’Écho de Paris, Le Figaro, Le Gaulois, L'Homme libre, L'Humanité, L'Intransigeant, La Lanterne, Le Matin, Le Rappel, Le Siècle, Le Temps. En revanche, cette publicité est absente de La Croix, Le Journal des Débats, La Presse.
[2] Martin (Marc).- Brouillard sur la diffusion de la presse française durant l'entre-deux-guerres. In: Matériaux pour l'histoire de notre temps. 2000, N. 58. Le secret en histoire. pp. 54-56.
Consulté le 28 décembre 2014
[3] Marco (Luc).- Le bazar, chaînon manquant entre le magasin de nouveautés et le grand magasin : opportunités et risques au début du XIXe siècle. Responsabilité et Environnement, n° 55, juillet 2009, p. 48-55 (Publication des Annales des Mines ; http://annales.org/re/2009/re55/Marco.pdf)
[4] Galerie de Chartres, Chartres, vente du 2 décembre 2007 lot n° 602 ; Le Calvez et associés, Auvers-sur-Oise, vente du 28 avril 2011, lot  n° 53.
[5] Avec l'autorisation, en date du 7 janvier, de Me Jean-Pierre Lelièvre, commissaire priseur à la galerie de Chartres, maison de vente aux enchères spécialisée notamment dans les jouets et la musique mécanique, 10 rue Claude Bernard, 28630 Le Coudray. Je l'en remercie vivement.

mardi 31 décembre 2013

Les Noëls politiques de Jean Routier

     Nouvel aperçu des couvertures dessinées pour le Cri de Paris, cette fois sur le thème de Noël et du Nouvel An, entre 1933 et 1938 : un défilé de cadeaux, avec ou sans cheminée, et des pères Noël parfois inattendus. Là encore, ces dessins, âgés de 80 ans, ne nous sont pas accessibles d'emblée, qu'il s'agisse des personnages représentés ou des événements. J'ai réuni quelques documents contemporains tirés du Figaro, qui fournissent un éclairage et invitent à une recherche plus approfondie.

1933

 

 
Le cri de Paris n° 1917 - 23 décembre 1933  
source : Bibliothèque historique de la ville de Paris (cl. de l'auteur)


     L'ange  garnissant les cheminées est Camille Chautemps, Président du Conseil d'un gouvernement éphémère (26 novembre 1933-27 janvier 1934), dont Jean Routier a pris soin d'indiquer les initiales sur la chemise. 

Camille Chautemps au ministère de l'intérieur Agence Mondial - 1933 

Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

 

Le détail des "cadeaux" est fourni par Le Figaro qui annonce le projet gouvernemental.

 


 Le Figaro , 12 décembre 1933
Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

 
Le Figaro , 29  décembre 1933  
Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France


1934 (I)

 

Le cri de Paris n° 1969 - 21 décembre 1934 
source : Bibliothèque historique de la ville de Paris (cl. de l'auteur)


     Le traité de Versailles, en 1919, avait placé la Sarre sous tutelle de la Société des Nations, la propriété des mines étant transférée à la France pour une durée de 15 ans à l'issue de laquelle un plébiscite était prévu. A quelques semaines du plébiscite, la Société des Nations organise une force internationale dont l'Angleterre assure le commandement. Occasion pour le lieutenant Routier qui a commandé la section sanitaire anglaise n° 3 en 1917 (en tant que sous-lieutenant) de se remémorer quelques traits de civilisation.
Le 13 janvier 1935, les Sarrois (528 185 votants) votent à 90.3 % pour le rattachement à l'Allemagne.







 

Le Figaro , 12 et 14  décembre 1934 
Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France



 1934 (II)


Le cri de Paris n° 1970 - 28 décembre 1934 
source : Bibliothèque historique de la ville de Paris (cl. de l'auteur)


     Pierre- Étienne Flandin, Président du Conseil (8 novembre 1934 - 31 mai1935) et Pierre Laval, ministre des Affaires Étrangères offrent à Marianne la "fin de la crise" et "la paix dans la sécurité" : cadeaux ou vœux ?  On sait avec le recul que ces vœux ne furent guère exaucés. On traita davantage la crise budgétaire (par effort d'assainissement budgétaire et politique déflationniste) que la crise industrielle et commerciale. Après le plébiscite sur la Sarre en janvier 1935, conséquence d'un accord avec l'Allemagne, l'année 1935 fut marquée par l'allongement du service militaire porté à deux ans (mars), la conférence franco-anglo-italienne de Stresa  (avril), le pacte d'assistance franco-soviétique (mai), mais aussi par l'accord naval anglo-allemand (juin) et l'invasion de l’Éthiopie par Mussolini (octobre) ; enfin la ratification du franco-soviétique en février 1936 précipita la réoccupation de la Rhénanie par Hitler, le 7 mars [1].


 1935



Le cri de Paris n° 2022 - 27 décembre 1935 
source : Bibliothèque historique de la ville de Paris (cl. de l'auteur)
     
     C'est Marianne qui remet les étrennes 1936 aux membres du gouvernement. Depuis le 7 juin 1935, il est dirigé par Pierre Laval qui cumule la Présidence du Conseil et le ministère des Affaires Étrangères. Il reçoit un jouet un bois ou métal permettant de faire s'affronter deux combattants : l'un est noir, l'autre blanc, allusion au conflit italo-éthiopien dans lequel la médiation française vient d'échouer (plan Laval-Hoare). Au premier plan, Édouard Herriot, ministre d’État, reçoit une nouvelle pipe. Au fond, Georges Bonnet, ministre du commerce et de l'Industrie, avec un nœud papillon. Les autres ministres restent à identifier. Ce gouvernement démissionnera le 22 juin 1936.



 1936

 

Le cri de Paris n° 2074 - 25 décembre 1936 
source : Bibliothèque historique de la ville de Paris (cl. de l'auteur)
    
     Vincent Auriol, ministre des Finances, sous le regard du Président du Conseil Léon Blum (4 juin 1936 - 21 juin 1937), rêve de rentrées sonnantes et trébuchantes.


 1937




Le cri de Paris n° 2126 - 24 décembre 1937 
source : Bibliothèque historique de la ville de Paris (cl. de l'auteur)
     
     Ce n'est pas un rêve mais la réalité qui accable le contribuable parisien si l'on en croit Le Figaro. La France est à nouveau gouvernée par Camille Chautemps (29 juin 1937 - 14 janvier 1938).



Le Figaro , 15  décembre 1937 
Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France


 1938

 

Le cri de Paris n° 2178 - 23 décembre 1938 
source : Bibliothèque historique de la ville de Paris (cl. de l'auteur)

 

       Un paquet de verges pour le Duce !  Les événements de cette fin d'année 1938 concernent la Tunisie. L'Italie y mène une politique active en raison de la présence de nombreux Italiens dans ce pays. Une série de manifestations revendicatives se produisent en Italie au cours du mois d'octobre, concernant non seulement la Tunisie mais aussi Djibouti, la Corse et la Savoie. Tensions diplomatiques, rencontres bilatérales, protestation de loyalisme des territoires concernés dont rendent compte les journaux. Un gouvernement Daladier est à l'oeuvre (12 avril 1938 - 13 mai 1939). La réaction la plus plaisante est celle du quartier Latin qui, en retour, réclame Venise et le Vésuve !



 


















Le Figaro , 4  décembre 1938 
Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France



  
Le Figaro , 9  décembre 1938   
Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

      Puis, après un court apaisement, l'Italie dénonce les accords franco-italiens de 1935. La nouvelle est connue le jour de la parution du Cri de Paris. Ce n'est donc pas sans raisons que Routier avait transformé le Père Noël en Père Fouettard...

 

Le Figaro , 23  décembre 1938   
Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

 

Notes

 [1]- Kupferman Fred. Pierre Laval diplomate. In: Politique étrangère N°1 - 1986 - 51e année pp. 57-66.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/polit_0032-342x_1986_num_51_1_3550