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mardi 20 décembre 2022

 Un conte de Noël en bande dessinée (1922)


     La participation de Jean Routier à la revue L'Automobile aux Armées (devenue Automobilia), depuis son premier numéro en février 1917, est multiforme : couvertures, bandeaux-titres, illustrations d'articles ou de récits, publicités et ... bandes dessinées que je tenterai, dans un futur billet, de caractériser. Pour l'heure, je me borne à présenter un conte de Noël publié dans le numéro 135 daté du 31 décembre 1922. Il s'intitule "Le Poêle mobile" et se compose de 13 "vignettes" numérotées sur deux pages en regard.

Jean Routier - Automobilia, 135, 31 décembre 1922, p. 28-29 - Bibliothèque nationale de France -cl. de l'A.

 

 


 


 

Quelques observations :

  • Cette histoire fantastique d'un poêle devenu moyen de locomotion a sans doute été inspirée à Jean Routier par le fait divers relaté dans mon billet du 19 décembre ("Quand les poêles explosaient"). 
  • Des deux frères enrichis par cette invention, seul l'aîné est doté d'un prénom (Toto). Les marques extérieures de richesse sont l'automobile avec chauffeur, l'hôtel particulier (avec concierge) et les cigares.
  • Petite pique contre la sédentarité des  Receveurs de l'enregistrement et du timbre (vignette 1).
  • D'un point de vue formel, on remarquera que les vignettes ne sont pas entourées d'un trait mais qu'elles sont néanmoins bien délimitées comme le montre la gouttière verticale sur la page de droite  qui coupe nettement certains personnages (voir n° 10 et 11) ; toutefois la légende de la vignette 6 déborde sur le territoire de la 5.

 

dimanche 20 septembre 2020

 Le Tour de France

     Le cyclisme est assez peu présent dans la production de Jean Routier. Raison de plus d'en faire une petite revue en images, à l'occasion de la  107e édition - décalée - du Tour de France.

1 Mémoires d'une bicyclette (1923-1924)

     Le premier document est la couverture d'un roman du Dr Henry Aurenche, Mémoires d'une bicyclette, consacré à son ami d'enfance, Émile Friol (1881-1916), premier grand sprinter français et champion de France de vitesse [1]. Il est édité, en 1924, dans la collection "Le Roman de sport" lancé par la librairie Ollendorff en juin 1923. 


Roman de Sport n° 8 - couverture de Jean Routier - origine non référencée


 
 

ex. de la Bibliothèque E.N. de Saint-Brieuc [auj. ESPE de Bretagne à Quimper], relié sans sa couverture illustrée


 
 
Henry Aurenche (Privas, 1879-Paris 1971), médecin sportif et romancier, fut chef du service médical de L'Auto et médecin chef du vélodrome du Parc des Princes [2]. Il participa au concours de romans sportifs organisé par le journal L'Auto en 1923. Suivant l'usage, les textes envoyés n'étaient pas signés, le nom de l'auteur étant contenu dans une enveloppe fermée. Le gagnant fut un certain Vivarais.



L'Auto, 5 juin 1923 - gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France


Le texte parut en feuilleton du  1er au 28 août 1923, sous ce nom d'auteur "Vivarais" avant d'être édité en 1924 selon l'annonce faite par L'Auto (13 août 1924) et confirmé par le catalogue de la BnF (184 p.), cette fois sous le véritable nom de l'auteur. Succès éditorial ? Ils s'enlevaient comme des petits pains chez les libraires des plages, prétend L'Auto du 21 septembre 1924. Le Conseil général de la Seine vota l'acquisition de 25 exemplaires (L'Auto et Paris-Soir du 7 décembre 1924).


2 Le Tour de souffrance (1925)

     
Le célèbre récit de André Reuze (1885-1949), Le Tour de souffrance, est d'abord publié comme roman inédit, dans le journal Candide, entre le 19 mars et le 2 juillet 1925, puis ensuite, comme  souvent, en livre [3] par les éditions Fayard (1925, 253 p.). Le journal en donne d'ailleurs la photo de couverture en même temps que le dernier épisode du feuilleton.
 
 

Candide, 2 juillet 1925 - gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France


Couverture illustrée par Jean Routier - cl. courtoisie de J.-P. de Mondenard [3]
 
 
 
 La dédicace est assez savoureuse : "A mes amis les coureurs du Tour de France [suit une liste de 20 noms de coureurs] / A tous les autres / Hommes-sandwiches des maisons de cycles / Héros inutiles / Héros quand même / ce roman conçu et bâti dans leur sillage de poussière / en témoignage de sympathie, d'admiration et de pitié."
 

 3 Publicité Dunlop (1923)



 
Automobilia, 139, 28 février 1923, p. 43 - Bibliothèque nationale de France - cl. de l'A.


Automobilia, 234, 15 février 1927, p. 28 - Bibliothèque nationale de France - cl. de l'A.

A la différence du dessin précédent, celui-ci n'est pas une publicité pour Dunlop, mais un bandeau qui accompagne ici une information sur le "Premier Pas Dunlop", épreuve cycliste, mais qui peut aussi animer des pages de différentes natures, par exemple la chronique judiciaire en mars 1926 (Automobilia, 213, 31 mars 1926, p. 41).

 

 4 Contes de mon père le Jars (1944)

     Bien qu'il mentionne une course cycliste plus modeste que le Tour de France et songeant que Jean Routier dessinait aussi pour les enfants, je retiens deux illustrations extraites d'un des contes de Léonce Bourliaguet : "Saint Vélo", dans la bibliothèque rose illustrée (Paris : Hachette, 1944, 252 p.).

 

L. Bourliaguet, Contes de mon père le Jars, Hachette, ed. de 1945, p. 48
(dessin de Jean Routier) - Bibliothèque de l'A.



L. Bourliaguet, Contes de mon père le Jars, Hachette, ed. de 1945, p. 51
(dessin de Jean Routier) - Bibliothèque de l'A.



5 Excursion

     Pour clore ce billet consacré au vélo sportif [4], une photo datée et localisée de Jean Routier, en cycliste : le 13 juillet 1941, en Sologne, du côté de Chaon (Loir-et-Cher), entre La Motte-Beuvron et Cerdon. Il est âgé de 57 ans.

 

1941-07-13 - Jean Routier - coll. SZR - reprod. de l'A.


Notes

 
[1]- Voir "Un coup de chapeau à Émile Friol", notice bien documentée et illustrée à l'adresse suivante :  
 https://www.lepetitbraquet.fr/chron72_friol-emile.html
[2]- Sur Henry Aurenche, j'ai consulté : https://peoplepill.com/people/henry-aurenche/
[3]- L'image de cette couverture m'a été aimablement procurée par le Dr Jean-Pierre de Mondenard, auteur d'un blog sur le dopage :  https://dopagedemondenard.com/
Qu'il en soit vivement remercié. Je signale un reportage réaliste du même André Reuze "Les martyrs des Pyrénées" qui mentionne à deux reprises l'utilisation de drogues, dans Candide du 10 juillet 1924 (en ligne sur Gallica). 
[4]- Restent à recenser précisément les bancs-titres  fournis à la Société Éclair-Journal pour les actualités diffusées dans les cinémas. Quelques-uns illustrent des étapes du Tour de France des années 1930.
 

samedi 28 décembre 2019

Transports en commun

     Au cours de sa carrière, Jean Routier a dessiné des centaines de voitures et beaucoup de véhicules utilitaires - ces derniers notamment pendant la guerre. En revanche, les transports en commun sont très peu nombreux.

Un dessin, non daté, représente une bousculade dans le métro.

Jean Routier - coll. part. A. Z.
  
Deux autres dessins, sans doute antérieurs, évoquent aussi les transports collectifs parisiens :

-  L'un, illustrant un autobus, est un bandeau de bas de page, utilisé à plusieurs reprises dans la revue Automobilia (en 1921, 1927).

Jean Routier - Automobilia, n° 99, 1921-06-30 - BnF - cl. de l'A.

 - L'autre est un dessin original, extrait d'un article "Plaidoyer contre la taxe de luxe appliquée à l'Automobile" paru dans Automobilia en juillet 1922. Il reproduit -  in extenso nous dit la revue - une brochure  publiée et répandue "à profusion" par MM. Goudard et Mennesson, constructeurs du carburateur Solex. N'ayant localisé aucun exemplaire de cette brochure, j'ignore si les dessins de Routier y figuraient déjà ; c'est fort possible car ce dernier a signé des publicités pour Solex entre 1921 et 1923 puis en 1927. [voir Addendum]


Jean Routier - Automobilia, n° 124, 1922-07-15, p. 56 - BnF - cl. de l'A.


     Maurice Goudard (1881-1948) et Marcel Mennesson (1884-1976), ingénieurs centraliens, créateurs en 1905 d'une entreprise fabriquant des radiateurs et des carburateurs, déposèrent la marque Solex en 1910.

Les marques internationales, supplément de La Propriété industrielle, 18e année, n° 210, t. IV, 31 juillet 1910, 
p. 93  Source :gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Leur plaidoyer contre la taxe de luxe recourt à des arguments classiques :

- C'est à tort que l'automobile figure dans la nomenclature des objets de luxe, comme les bijoux, les fourrures, les objets d'art... En effet, en tant que moyen de déplacement, ce n'est pas un luxe mais une nécessité.
- Le montant de la taxe (10 %) est beaucoup trop lourd pour un objet dont les mutations sont fréquentes (une voiture change de propriétaire tous les 3 ans ; sa durée de vie n'excède pas 15 ans). Elle s'ajoute à d'autres taxes. La France est le pays où l'automobile est le plus lourdement taxé.
- La taxe est mortelle pour le commerce et donc pour la production d'une industrie qui emploie plus de 500 000 ouvriers.
- "Au lieu de viser à restreindre par des impôts la possession des objets de luxe, il est plus humain d'en étendre l'usage au plus grand nombre."
- La diffusion sans frein de l'automobile engendrera davantage de recettes fiscales (droits de circulation, taxe sur l'essence, ...).
- Dans une perspective militaire, le développement de l'industrie des transports est capitale.

Conclusion : "...la taxe de luxe doit disparaitre pour le plus grand bien de notre industrie, de nos finances et de la moralité du commerce."[1]

Jean Routier - Automobilia, n° 124, 1922-07-15, p. 57 - BnF - cl. de l'A.


Note
[1] Un article de Pierre Dumont, dans Les Annales commerciales, judiciaire et fiscales, n° 34, octobre 1931, p. 166-172 analyse "le régime fiscal des automobiles, cycle-cars, side-cars et motocyclettes" (https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6208093t/f8.image.r=taxe%20de%20luxe%20sur%20les%20automobiles). On y apprend que le taux fixé par décret du 26 juin 1920 était de 12 %. En 1923, une loi en exclura les voitures d'occasion et mettra la taxe à la charge du fabricant ; le taux sera ramené à 10 % en 1929 et à 6% en 1930.
 
 
 Addendum du 20 mars 2021

La plaquette "Plaidoyer contre la taxe de luxe" fait l'objet d'un compte rendu dans La pratique automobile, n° 370, 1er juillet 1920, p. 8746, qui précise qu'elle est illustrée par Jean Routier.