Accidents en bandeaux dans Le Journal
d'août 1923.
1- Dimanche 19 août
2- Lundi 20 août
Il ne faut faire aux poules nulle peine… / … même avec une voiture légère.
3- Mardi 21 août
Méfiez-vous de ceux qui sèment des semences… / … dans le but de récolter vos clous.
4- Mercredi 22 août
5- Jeudi 23 août
6- Vendredi 24 août
Il est recommandé d’admirer la nature… / Évitez toutefois de virer dans les décors.
Le premier dessin représente un véhicule collectif, souvent dessiné par Routier qui l’avait semble-t-il en horreur.
Ce bandeau est tout à fait adapté à l'actualité : en première page, un encadré sur "les ravins tragiques" relate l'accident de l’autocar de Gavarnie, et aussi celui du ravin du Var.
Le premier accident, le 13 août, concerne une voiture collective de tourisme (ou autocar découvert) au retour d’une excursion à Gavarnie depuis Lourdes, qui bascula dans un ravin de 70 m de profondeur, à Luz-Saint-Sauveur (Hautes-Pyrénées) et causa la mort du chauffeur et de 21 touristes hollandais ; il n’y eut qu’un survivant [1].
- Le second eut lieu près de Guillaumes (Alpes Maritimes) ; le 20 août 1923, un autocar Berliet assurant depuis Nice le service de la route des Alpes, culbuta au fond d’un ravin, à la sortie du pont de Paniès (haute vallée du Var) avec 22 touristes américains à bord. Le bilan s’établit à 8 morts et au moins 13 blessés [2].
7- Samedi 25 août
8 - Dimanche 26 août
Il est permis d’épater ses invités… /...mais pas contre les arbres.
Au sens figuré, épater c’est étonner, impressionner ; mais au sens propre, c’est aplatir, écraser, ce qui est le cas du visage de l’accidenté. De la femme, également éjectée, on ne voit que les jambes et les chaussures à talon.
9- Lundi 27 août
Niveler les masses, disent les uns… / ...mais il y a la manière.
Qu’un leader politique [4] annonce vouloir égaliser les conditions sociales est une chose ; mais sans pour autant vouloir les écraser.
10- Mardi 28 août
Un coup de chapeau, c’est bien… / ...mais pas un coup de chapeau de roue.
Donner un coup de chapeau, c’est soulever son couvre-chef pour saluer ; le chapeau de roue est une pièce qui protège le moyeu. Par le biais de ce jeu de mot, Routier oppose la courtoisie de l’hippodrome et la violence du circuit automobile.
Conclusion
Les dessins de ces bandeaux - sans prétention - sont assez caractéristiques de la manière de Jean Routier : composition de petites scènes animées, traduction du mouvement, expression soulignée des visages. On aimerait savoir quelle fut la réaction des lecteurs à cette animation du titre de leur quotidien, passagère semble-t-il. Routier a dessiné d'autres accidents. J'en donnerai le catalogue dans un prochain billet.
Notes
[1]- Voir Le Journal des 14, 15, 18 août 1923 et surtout une enquête très complète, avec photographies et témoignages : http://lieux.loucrup65.fr/gouffredelechelle.htm
[2]- Voir la presse de l’époque, par exemple Le Journal des 21-23 août ou encore Le Petit Journal illustré du 2 septembre (dessin couleurs). Plus récemment : https://www.sdis06.fr/jcms/psdis_21162/-parlonshistoire-1923-accident-de-la-route-a-saint-martin-d-entraunes
[3]- La Poste pneumatique de Paris – active entre 1868 et 1984 – permettait d’acheminer rapidement des messages, dits « pneus » ou « petits bleus » (en raison de la couleur des formulaires préaffranchis) dans tout Paris.
[4]- La caricature de cet homme politique évoque celle de Léon Gambetta par Bertall dans Le Grelot du 16 juillet 1871.

.jpg)
.jpg)

.jpg)
.jpg)

.jpg)
.jpg)

.jpg)
.jpg)

.jpg)
.jpg)

.jpg)
.jpg)
.jpg)


.jpg)

.jpg)
.jpg)

.jpg)
.jpg)

.jpg)
.jpg)
