samedi 31 décembre 2022

 Jean Routier catalogué (2)


     Dans un précédent billet (17 août 2020), j'avais présenté six dessins de Jean Routier utilisés post-mortem, dans cinq rubriques. J'y esquissais une typologie en deux catégories selon la visée de l'utilisateur qui peut être soit illustrative soit documentaire. J'en ajoute une troisième, bio-bibliographique, qui concerne au premier chef ce blog dont c'est l'objectif et qui sera concernée dans la prochaine livraison.
 
     Ce nouveau billet présente, en suivant la numérotation adoptée dans le précédent, quatre nouveaux dessins réutilisés issus de sa production de dessinateur "éditorialiste".
 

6- Le témoin de son temps 

     The Journal of Modern History, publié par les Presses de l'Université de Chicago a utilisé en couverture, déjà à deux reprises [1], un dessin de Jean Routier issu du Cri de Paris.  
 
     Cette revue se qualifie de principale revue mondiale pour tous les aspects de l'histoire européenne depuis la Renaissance.




The Journal of Modern History - https://www.journals.uchicago.edu/journals/jmh/lrf


Le Cri de Paris n° 2182 - 20 janvier 1939 - gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

 

     Il s'agit de la couverture du n° 2182 du Cri de Paris, daté du 20 janvier 1939, qui représente sur fond de carte de l'Europe un petit Mussolini, les pieds bien ancrés sur le sol italien, mais dont la grande ombre projetée sur le continent est celle de Hitler. La légende est brève : "La menace". Le texte de la p. 8 de l'hebdomadaire critique l'attitude des démocraties vis à vis de l'Italie fasciste et notamment de Chamberlain. Le ministre français des Affaires étrangères dont le nom n'est pas cité [2], n'est pas épargné, pour avoir reçu Von Ribbentrop, son homologue allemand, à Paris et signé avec lui  un accord bipartite. La menace, c'est l'axe Rome-Berlin. 
 
Le Cri de Paris - 20 janvier 1939 - gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

 

 

7- Le commentateur politique

     
     La Contemporaine [3], a mis en ligne une exposition virtuelle intitulée "Caricature et Violence de l'Histoire", composée de deux volets : un parcours chronologique (des années 1820 à 2018) et un parcours thématique. La section "D'une après-guerre à l'autre" (sous-section 1918-1939) utilise trois couvertures du Cri de Paris dessinées par Jean Routier. Leur reproduction  est assortie d'un bref commentaire dû à Sofiane Taouchichet [4].

 

La fin des réparations

 

Jean Routier - Le Cri de Paris n° 1944 - samedi 30 juin  1934 -  gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

     
     Dans une boutique garnie de produits, une femme nazie (identifiable à Germania) refuse d'honorer les factures présentées par les alliés (Marianne pour la France, John Bull pour la Grande Bretagne, Oncle Sam pour les États-Unis). Le titre "L'Allemagne ne paiera pas" est explicite : il fait référence à la décision de l'Allemagne, le 14 juin 1934, de mettre fin au paiement des réparations et de ne plus honorer ses dettes. L'histoire des réparations imposées à l'Allemagne par le traité de Versailles pour compenser les pertes et les dommages subis par les alliés est un véritable feuilleton, marqué par des crises et des ajustements : conférence de Cannes (1922), occupation militaire de la Ruhr (1923), plan Dawes (1924), plan Young (1929), moratoire Hoover (1931), conférence de Lausanne (1932). Les propos prêtés à Germania par Jean Routier ("J'avais fait faillite deux fois et vous avez continué à me fournir ... Tant pis pour vous !") font allusion aux défauts financiers de l'Allemagne en 1923 puis en 1931.
     D'autres couvertures du Cri de Paris permettraient d'aborder d'autres pans de cette histoire, en illustrant les désaccords entre alliés. Les Anglo-Saxons, inquiets d'un effondrement économique de l'Allemagne - cliente de leur industrie - et des risques d'un basculement dans la sphère bolchevique, s'opposent à la France qui cherche à obtenir des garanties sur ses frontières et soumet le paiement de ses dettes aux américains à la stricte exécution des traités par l'Allemagne.
 
 

Des ingérences soviétiques ?



Jean Routier - Le Cri de Paris n° 2003 - vendredi 16 août 1935 -  gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
 
     Une manifestation violente : cris, poing levé, drapeau rouge, jets de pavés depuis une barricade, un homme étendu à terre avec du sang. En arrière plan, des bateaux. Dans un médaillon, l’image classique de l'homme au couteau entre les dents, symbole du bolchevisme [5]. Cette scène d'émeute est accompagnée d'une légende "explicative" : "L'amitié soviétique ... se manifeste dans nos ports".
     Il suffit de consulter les journaux des jours précédents pour apprendre que de graves désordres se sont produits dans les arsenaux, à Brest et à Toulon [6]. La cause directe en est l'application des décrets-loi du gouvernement Laval qui, dans le cadre d'une politique de déflation, prévoit une baisse autoritaire de tous les revenus notamment salariaux. Ces événements sont diversement interprétés. En effet, les affrontements avec les forces de l'ordre (trois morts et 250 blessés à Brest, deux morts et 50 blessés à Toulon) dépassent la forme habituelle des revendications sociales. Dès le 7 août, Le Journal écrit que "les procédés employés (...) indiquent assez que les meneurs communistes sont les vrais responsables des sanglants désordres (...)". La presse emploie les termes de journées sanglantes, d'explosion, d'émeutes, de tentative de coup d’État.

Affiche commandée à Henri Petit par le Comité de propagande des Républicains nationaux en 1934.


     Dès le 9 août 1935, Le Cri de Paris  évoque des menées communistes. Dans son numéro du 16 août, Le Cri de Paris publie trois échos. Le premier (p. 7), satirique,  note la tentation de réduire les faits à des bagarres habituelles dans les ports ; le second (p. 11-12, avec une vignette d'un ouvrier allumant une mèche, dessin de Routier) expose la thèse d'un mouvement pré-révolutionnaire ; le troisième (p. 14) fait un raisonnement géo-politique complexe (la France confrontée à des troubles révolutionnaires serait dans l'incapacité de soutenir la Pologne qui doit faire face aux menées national-socialistes dans le port de Dantzig, donc les moscoutaires en France donnent une arme à l'Allemagne hitlérienne). 
     L'amitié soviétique évoquée en légende se rapporte au rapprochement avec l'Union soviétique amorcé et négocié par Louis Barthou (assassiné le 9 octobre 1934) et poursuivi par Laval qui a signé un pacte d'assistance avec Staline (2 mai 1935) que d'aucuns jugeaient inopérant. Quoi qu'il en soit, les événements dans les arsenaux prouvent pour une partie de la presse la duplicité soviétique, ce qu'illustre Jean Routier [7].

Le Journal - 7 août 1935 - gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Le Cri de Paris -9 août 1935 - gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France


Contre les dictatures

 
Jean Routier - Le Cri de Paris n° 2058 - 4 septembre1936 - gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France



     C'est, semble-t-il, une constante du Cri de Paris que sa dénonciation des dictatures. On aura l'occasion d'y revenir. La couverture du 4 septembre 1936  est provoquée par les purges staliniennes d'août 1936. Le procès des 16 (dit du Centre terroriste trotskyste-zinoviéviste) est le premier des procès de Moscou, du 19 au 24 août 1936 qui permit à Staline d'éliminer tous ses opposants - ou supposés tels - dont Zinoviev et Kamenev, anciens compagnons de Lénine. Leur exécution le 25 août ne provoqua que peu de réactions dans le monde occidental.
 
 
Le Cri de Paris n° 2057 - 28 août1936 - gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

 
 
     Jean Routier met en scène Staline aux mains ensanglantées s'adressant à Hitler : "Pourquoi cet air dégoûté, camarade Hitler ? Nous sommes faits pour nous serrer la main." Sur les murs du fond, au-dessus de corps manifestement exécutés, deux dates : août 1936 (le procès des 16) ; juin 1934 (nuit du 29 au 30 juin 1934 dite des longs couteaux, pendant laquelle Hitler liquida les rebelles des S.A. et plusieurs centaines d'opposants). Prémonition du pacte germano soviétique d'août 1939.
 
     Comment ne pas rapprocher cette couverture de celle du 21 juillet 1934 légendée "L’Allemagne nous tend la main" qui est une des plus percutantes produites par Jean Routier ? C'est une réaction au discours radiodiffusé de Rudolf Hess, représentant du Führer, le 8 juillet 1934, lançant aux Français un appel de paix.
 

Jean Routier - Le Cri de Paris n° 1947 - 21 juillet 1934 - gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

 

 Notes

[1] n° 91/4, décembre 2019 ; 94/04, décembre 2022.

[2] Georges Bonnet  (Gouvernement Daladier), pacifiste, partisan d'une politique d'apaisement et disposé à faire des concessions à Hitler. La déclaration franco-allemande est signé le 6 décembre 1938 ; elle affirme la volonté de développer des relations pacifiques et de bon voisinage, elle reconnaît les frontières entre les deux pays comme définitives, et déclare que les deux pays se consulteront en cas de difficultés internationales.Voir le texte dans Le Journal du 7 décembre.  Une analyse des conceptions des deux signataires est proposée par Wolfgang Geiger, "La déclaration franco-allemande du 6 décembre 1938 : un événement sous estimé", dans : Les Temps Modernes, 54-605, août-octobre 1999, p. 240-267.

[3] "La contemporaine. Bibliothèque, archives musée des mondes contemporains". C'est le nouveau nom, depuis 2018 de la "Bibliothèque de documentation internationale contemporaine" (BDIC), elle même héritière de la "Bibliothèque-Musée de la Guerre (BMG), créée en 1917. Cette institution est désormais installée sur le campus de l'Université de Paris Nanterre. Elle édite la revue Matériaux pour l'Histoire depuis 1985 (en ligne sur Persée jusqu'en 2005 et sur Cairn depuis 2006). Pour l'historique, voir Hue Joseph. "De la Bibliothèque-Musée de la Guerre à la BDIC". dans : Matériaux pour l'histoire de notre temps, n° 49-50, 1988 (La BDIC à l'aube du XXIe siècle, sous la dir. de René Girault), p. 5-6 [article en ligne : www.persee.fr/doc/mat_0769-3206_1998_num_49_1_410676

Pour accéder à La contemporaine :  http://www.lacontemporaine.fr 

Lien vers l'exposition virtuelle "Caricature et violence de l'Histoire" section "D'une après guerre à l'autre" (sous section 1918-1939)  pour accéder aux visuels et aux commentaires dans les cartels.

[4] Les reproductions données ici ne sont pas celles issues des collections de La contemporaine, mais leur équivalent à la BnF. De même, je livre ici mes propres commentaires des couvertures mais le lecteur peut consulter les cartels de l'exposition qui ne diffèrent pas sur le fond.

[5] Alexandre Sumpf, « De l'antibolchevisme à l'anticommunisme », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 30/12/2022. URL : histoire-image.org/etudes/antibolchevisme-anticommunisme

[6] Par exemple, Le Journal entre le 7 et le 10 août 1935. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7631804d/f1.item

[7] Pour un exposé détaillé des faits, des réactions, et des conséquences, voir Alain Le Moigne, "Août 1935 à Brest : un souffle révolutionnaire aujourd’hui oublié", Mémoires de la Société d'Histoire et d'Archéologie de Bretagne, t. 90, 2012, p. 191-213 (en ligne : https://m.shabretagne.com/scripts/files/5f46773e9505b0.63169536/2012_09.pdf). Voir aussi Danielle Tartakowsky, « Stratégies de la rue. 1934-1936 », Le Mouvement social, no 135,‎ 1986, p. 31–62 [p. 57-58] (en ligne : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56211598/f33.item)


lundi 26 décembre 2022

Illustration d'un conte de Noël écrit par Gaston de Pawlowski (1922)

     Jean Routier a illustré des dizaines de textes (articles, récits, contes, feuilletons) dans les journaux et revues, notamment dans Automobilia / L'Automobile aux Armées. Il sera difficile de les publier tous dans le cadre de ce blog, mais on pourra s'essayer à une typologie des types et professions croqués par ce biais.

     Dans le numéro 135 d'Automobilia du 31 décembre 1922, Gaston de Pawlowski, alors co-directeur de cette revue bimensuelle, publie un conte de Noël intitulé L'automobiliste Léon, pour lequel Jean Routier fournit cinq dessins (p. 52-54) [1].

     Gaston de Pawlowski (1874-1933), docteur en droit, journaliste sportif passionné de vélo et d'automobile, puis critique dramatique au Journal de 1918 à 1933, était un écrivain prolixe et à l'imagination fertile. Rédacteur en chef de Comoedia de 1907 à 1914, de l'Automobile aux Armées au moins depuis novembre 1919, il rédigeait de nombreuses chroniques mais aussi des récits et des contes, textes souvent courts qu'il réunissait ensuite en volumes. Son livre le plus connu "Voyage au pays de la quatrième dimension" (1912) a été plusieurs fois réédité [2]

 Le conte  

Dans ce conte de Noël, G. de Pawlowski apparaît bien conforme au portrait qu'en dresse Eric Dussert : "un auteur délicieux, généreusement fantasque", "un délicat  humoriste du quotidien, habile aux observations douces et saugrenues." [2]. Il y raconte une nuit de Noël dans une gare régulatrice, après la victoire : le blocage de trains de démobilisés, les poilus vaseux, la nostalgie du colonel "chef de gare" et les frasques de la colonelle.


G. de Pawlowski- Automobilia, 135, 31 décembre 1922, p. 52-54 - Bibliothèque nationale de France -cl. de l'A.

 

 


Pawlowki joue sur les noms et sur les mots. Sans prétendre tout décoder, voici quelques clés favorisant la lecture :

- Gare régulatrice : pendant la guerre, organe réglant tous les mouvements de trains dans une zone donnée pour assurer le ravitaillement, l'approvisionnement en matériels, les évacuations sanitaires, etc. A sa tête un commissaire régulateur. Le nom de "Remply-les-Pots" est évidemment fantaisiste. On pourra se rendre compte de l'importance vitale de ces gares à travers l'exemple de celle de Calais, créée de toutes pièces à Calais au cours de la première guerre mondiale [3].

- La troisième classe : les soldats voyageaient en troisième classe dans de mauvaises conditions comme l'explique l'historienne Emmanuelle Cronier, dans un article du journal Le Monde : voyages lents dans des trains bondés, mal éclairés, mal chauffés, sans toilettes, alors que les officiers bénéficiaient de la première classe [4].

 - Édouard Detaille (1848-1912), peintre et illustrateur, spécialiste de scènes militaires. Son tableau le plus connu, Le Rêve (conservé au Musée d'Orsay [5]) , daté de 1888, représente des conscrits endormis rêvant des actions glorieuses de leurs aînés. Dans le conte de Noël, ce n'est pas de la Revanche dont rêvent les poilus, mais de Buvette et de Tabac.

- R.A.T. : Régiment d'Artillerie de Tranchée ou Régiment d'Artillerie Territorial. 

- Un vieux territorial : de 34 à 45 ans, les hommes sont affectés à l'armée territoriale et à sa réserve (40 à 45 ans puis 46 à 49). Contrairement à l'armée active qui monte en première ligne, la territoriale devait se consacrer à des travaux annexes. Mais au fil des mois, la distinction s'estompe et certains régiments territoriaux montent au front, parfois en première ligne. Un vieux territorial, c'est presque une redondance. Les territoriaux étaient aussi surnommés "les pépères".

- Venus hottentote : allusion à Saartjie Baartman, femme noire du peuple Khoïsan (Afrique du Sud) réduite en esclavage et exhibée en Angleterre et en France entre 1810 et 1818 en raison de sa morphologie (des protubérances fessières).

- Colonel Saint-Fiacre de Rocade : sans doute un nom fantaisiste.

- Les belles affiches périmées d'Hugo d'Allez-y : Hugo d'Alesi (1849-1906) peintre d'origine roumaine, auteur d'affiches touristiques pour les compagnies de chemin de fer. Ostende est une station balnéaire belge ; les grottes de Han (et non Ham ; confusion avec le nom du fort ou château de Ham dans le département de la Somme ?) sont un vaste réseau souterrain situé en Wallonie. Je n'ai pas trouvé les éventuelles affiches correspondantes.

- Ordonnance : Pawlowski joue sur deux sens du mot ordonnance : prescription médicale écrite ; soldat attaché au service d'un officier.

- Noël et Léon : ces deux mots se lisent dans les deux sens, mais avec une signification différente. Ce sont des anacycliques.

- Il est cocu, le chef de gare... : on lit sur différents sites que ce  refrain serait un détournement par les soldats de 1914-1918 d'une chanson intitulée "Il est content le chef de gare", chantée par Eugène Gabriel Mansuelle (1873-1938), artiste de café-concert, en 1912 sur l'air de "Il était un petit navire". C'est ce que laisse aussi entendre un article très documenté d'E. Cronier [6]. Mais la partition de 1910, reproduite ci-dessous,  comporte déjà les deux variantes con-tent/co-cu [7]. Les paroles sont de Adolphe Crozière (1873-1946, homme de lettres) et de Maader (1853-1930, parolier). Un enregistrement du 29/7/1911 par Mr Elwel (pseudonyme de Eugène Sylvain Besson, 1880-1944) utilise la version co-cu [8]. Il n'y a donc pas de détournement mais utilisation d'un texte existant.


Les dessins de Jean Routier

 

Jean Routier- Automobilia, 135, 31 décembre 1922, p. 52-54 - Bibliothèque nationale de France -cl. de l'A.





 

Annexe

 

Source : Gallica - Bibliothèque nationale de France


Notes

[1] Les rapports entre Gaston de Pawlowski et Jean Routier méritent un billet détaillé. G. de Pawlowski participe à l'aventure de L'Automobile aux Armées / Automobilia, dès le premier numéro (février 1917) mais sans que l'on connaisse précisément son statut au sein de la revue, faute d'ours. Il apparaît comme Rédacteur en chef dans le n° du 15 novembre 1919, puis comme co-directeur en 1920. Curieusement, cette revue n'est pas mentionnée dans les nécrologies et biographies de Pawlowski que j'ai consultées.

[2] Sur Gaston de Pawlowski, outre quelques nécrologies de 1933, j'ai consulté :
- la postface de  François Caradec à une réédition de Les dernières inventions de M. de Pawlowski, Paris, Balland, 1973, 135 pages [p. 123-129].
- une notice publiée par Fabrice Lefaix sous le titre Cher Gaston dans son blog "Au temps de l'Oeil Cacodylate", en date du mars 2007 : http://dadaparis.blogspot.com/2007/03/cher-gaston.html
-  le portrait écrit par Eric Dussert, Une forêt cachée. 156 portraits d'écrivains oubliés. Paris : La Table Ronde, 2013, p. 246-248.
 
[3] http://histopale.net/les-communes/le-chemin-de-fer-1/la-guerre-14-a-calais/ 
Un numéro spécial de la Revue d'histoire des chemins de fer (50-51, 2018) est consacrée à Gares en guerre, 1914-1918 : https://journals.openedition.org/rhcf/2554
 
[4] https://www.lemonde.fr/centenaire-14-18/article/2014/09/04/les-gares-pendant-la-grande-guerre-un-repere-pour-le-soldat_4482423_3448834.html
Emmanuelle Cronier est l'auteur du livre "Les Permissionnaires dans la Grande Guerre" (Belin, 2013, 349 p.), issu de sa thèse de doctorat.

[5] https://www.musee-orsay.fr/fr/oeuvres/le-reve-9171

[6] Beaucoup de détails (notamment tirés des "journaux de tranchées" dont des extraits sont cités) dans un article d'Emmanuelle Cronier, “Les permissionnaires du front face aux cheminots pendant la Première Guerre mondiale”Revue d’histoire des chemins de fer [Online], 36-37 | 2007, Online since 10 May 2011, connection on 26 December 2022. URL: http://journals.openedition.org/rhcf/101; DOI: https://doi.org/10.4000/rhcf.101

[7] https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k11686708/f3.item

[8] https://www.discogs.com/fr/artist/6908842-Mr-Elwel


mardi 20 décembre 2022

 Un conte de Noël en bande dessinée (1922)


     La participation de Jean Routier à la revue L'Automobile aux Armées (devenue Automobilia), depuis son premier numéro en février 1917, est multiforme : couvertures, bandeaux-titres, illustrations d'articles ou de récits, publicités et ... bandes dessinées que je tenterai, dans un futur billet, de caractériser. Pour l'heure, je me borne à présenter un conte de Noël publié dans le numéro 135 daté du 31 décembre 1922. Il s'intitule "Le Poêle mobile" et se compose de 13 "vignettes" numérotées sur deux pages en regard.

Jean Routier - Automobilia, 135, 31 décembre 1922, p. 28-29 - Bibliothèque nationale de France -cl. de l'A.

 

 


 


 

Quelques observations :

  • Cette histoire fantastique d'un poêle devenu moyen de locomotion a sans doute été inspirée à Jean Routier par le fait divers relaté dans mon billet du 19 décembre ("Quand les poêles explosaient"). 
  • Des deux frères enrichis par cette invention, seul l'aîné est doté d'un prénom (Toto). Les marques extérieures de richesse sont l'automobile avec chauffeur, l'hôtel particulier (avec concierge) et les cigares.
  • Petite pique contre la sédentarité des  Receveurs de l'enregistrement et du timbre (vignette 1).
  • D'un point de vue formel, on remarquera que les vignettes ne sont pas entourées d'un trait mais qu'elles sont néanmoins bien délimitées comme le montre la gouttière verticale sur la page de droite  qui coupe nettement certains personnages (voir n° 10 et 11) ; toutefois la légende de la vignette 6 déborde sur le territoire de la 5.

 

lundi 19 décembre 2022

 Faits divers de 1922

Deux faits divers de la fin de l'année 1922 (des faits d'hiver) ont été exploités par Jean Routier.

1- Quand les poêles explosaient.

 
Jean Routier - Le Journal,  1922-12-08 - gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

     Un dessin publié dans Le Journal du 8 décembre 1922 met en scène un personnage hilare, en queue-de-pie, désignant d'une main le poêle de son salon tout en s'adressant à des personnes en habit et à l'air inquiet massé derrière une porte vitrée. Sur la table, des tasses à café, des verres à liqueur, des bouteilles, une boîte à cigares attendent manifestement des invités. C'est ce que confirme la légende accompagnée d'une phrase énigmatique pour le lecteur de 2022 : "Soyez sans crainte ... Il n'est pas chargé !".

     Sa compréhension, un siècle plus tard, nécessite de dépouiller la presse de l'année 1922. A partir de la fin octobre, des articles relatent une série d'explosions de poêles à feu continu, de fourneaux, voire de chaudières de chauffage central. En novembre, le parquet de La Seine désigne un juge d'instruction pour diriger une enquête sur ce phénomène manifestement lié au charbon utilisé. On désigne des experts (M. Kling, directeur du laboratoire municipal). D'où vient l'anthracite qui explose ? Très vite, on met en cause celui du Pays de Galles. Les charbonniers se défendent et suspectent l'anthracite ... allemand - que la Ruhr livre à contrecœur - en laissant entendre qu'il serait piégé par les "boches" [1]. Les cas d'explosion se multiplient qui provoquent des dégâts matériels essentiellement à Paris et en banlieue mais aussi en Province : Bordeaux, Lyon, Rouen, Dieppe, Avignon, Saint-Nazaire, Sillé-le-Guillaume (Sarthe), etc. [2]. Des usagers scrutant leur tas de charbon signalent la présence de cartouches, de détonateurs et même d'une grenade.

     Le phénomène est suffisamment répandu pour que les humoristes s'en saisissent. Routier, comme à son habitude, joue sur les mots, ici le verbe "charger" au sens de "mettre dans un dispositif ce qui est nécessaire à son fonctionnement". On peut charger un poêle, une batterie, un stylo, ou une pipe, mais aussi une arme. Je joins en annexe une sélection de dessins d'autres humoristes sur le même thème dont un de Jean-Jacques Roussau (1886-1948) qui joue aussi sur les mots ("des boulets").

     La solution de ces explosions est fournie en octobre 1923. Le rapport des experts remis au juge d'instruction exclut un vice de fabrication des appareils et aussi tout acte de malveillance (charbon piégé ou munitions oubliées). L'hypothèse avancée est la présence dans le charbon "d'explosif de sécurité" utilisé dans les mines anglaises "du type gélatinisé à base de nitroglycérine, de coton poudre et de borax" ; "ces fragments gélatineux, recouverts de poussière de charbon, prennent l'aspect d'un morceau d'anthracite et échappent au triage." [3]. Toutefois, le rapport n'excluait pas totalement l'hypothèse de "propriétés explosives spontanées de certains fragments d'anthracite anglais" [3]. Quelles recommandations ? C'est aux marchands de charbon de vérifier leurs stocks pour y déceler des explosifs oubliés ; l'autre solution était de préférer l'anthracite belge ou le coke. Pour sa part, le juge signa une ordonnance de non-lieu [4].

2- Quand sévissaient les piqueurs

 

Jean Routier - Le Journal,  1922-12-30 - gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France


     La scène se passe d'une longue description : A Paris, des badauds amusés, une dame outrée mettant la main sur sa fesse et un agent bonhomme. La légende aidant, on comprend que la dame se plaint d'avoir  été victime d'un piqueur. L'agent lui propose : "Allons chez le pharmacien, il vous calmera ... avec une piqûre."

     Le fait que le phénomène sévit en France en 2022 donne encore plus d'intérêt à ces témoignages vieux d'un siècle. Je me contente de reproduire un article y ayant trait.

Le Journal,  1922-12-16 - gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France


Notes

[1] Le Journal, 22 novembre 1922. Le Journal du 4 décembre 1922 rectifie une erreur quant à la mine de Creutzwald, qualifiée d'allemande dans son article de novembre alors qu’elle était française (Moselle).

[2] Les journaux détaillent presque quotidiennement les accidents survenant chez des particuliers mais aussi dans des institutions (le calorifère de la Cour des Comptes, rue Cambon). Voir par exemple, Le Journal des 21, 24, 25, 26 novembre, 1, 2, 4, 12, 17 décembre.

[3] Excelsior, 22 octobre 1923 : "Pourquoi l'hiver dernier les poêles explosèrent". Dès décembre 1922, ce journal avait publié sur une colonne entière, en première page, l'opinion du laboratoire municipal sur la cause des explosions de charbon (10 décembre 1922). De son côté, L'Usine (organe de l'industrie des Ardennes et du Nord-Est) du 23 décembre 1922, p. 7, avait consacré une pleine page à démontrer que "les accidents ne sont pas dus aux appareils".

Annexe

Petite sélection de dessins de comparaison, tous datés de décembre 1922.

- sur les explosions 

 

Jean-Jacques Roussau (1886-1948) - Comoedia,  1922-12-18 - gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France


Albert Guillaume (1873-1942) - Le Journal,  1922-12-18 - gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France


Clem (actif 1922-1947) - L'Oeuvre,  1922-12-25 - gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

- sur les piqûres


Georges Hautot (1887-1963) - L'Oeuvre,  1922-12-13 - gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France


Georges Pavis (1886-1951) - Le Journal,  1922-12-16 - gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

- A la fois sur les piqûres et les explosions


Marcel Arnac (1886-1931) - Le Journal,  1922-12-01 - gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France


dimanche 23 octobre 2022

 Humour domestique et politique (2)

    Un dessin publié dans Le Journal en novembre 1922 relève de la même veine, c'est-à-dire un comique fondé sur l'actualité.


Jean Routier -Le Journal,  1922-11-20 -gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France


La légende est un calembour fondé sur l'homophonie marc/mark [1].

  • Le marc [de Bourgogne selon l'image] est une eau-de-vie à base de raisins, titrant 40-45 % d'alcool et présentant une couleur jaune ambrée. Son nom est tiré des résidus du foulage des raisins.
  • Le mark est la monnaie de l'Empire allemand à partir de 1871. Son nom dérive de "marc", ancienne unité de masse servant à peser les métaux précieux (233.85 g). D'abord en or, puis en papier - papiermark - quand cesse sa convertibilité en or en juillet 1914, le mark voit son cours s'effondrer après la défaite de 1918.Le cours du dollar passe de 4,20 marks en juillet 1914 à 41,98 marks en janvier 1920 et à 4430 marks le 20 octobre 1922 [2].

Alors que la comtesse montre du doigt la baisse du niveau du liquide dans la bouteille, le domestique feint de comprendre la baisse du cours de la monnaie allemande et répond ingénument par un conseil boursier.

Le marché des changes est assez agité en cette fin d'année 1922. La livre sterling atteint des sommets (plus de 70 fr. contre 52 en début d'année, alors que le mark ne cesse de fléchir (0, 00175 fr contre 0,067 fr).

  

 Un autre dessin - dont j'ignore où et quand il a été publié - utilise aussi la figure de la grande dame au face-à-main et joue sur les différents sens du mot "occuper". Bien sûr, Gretchen [3], la soubrette, est occupée avec son galant. Mais le galant étant un soldat français, chacun comprend que le contexte est celui de l'Occupation française en Allemagne,  après la Première guerre mondiale [4].

 

Jean Routier - coll. part. A. Z.

 

 Notes

[1]- En fait, l'homophonie n'est pas parfaite car dans le cas du marc - au sens de résidu du pressurage de fruits -, le c final ne se prononce pas. 

[2]- La chute s'accentue postérieurement à la date du dessin : 49 000 marks le 31 janvier 1923 et enfin 4200 milliards au 20 novembre 1923, à la veille d'une reprise en main de la politique monétaire et du remplacement du Papiermark par le Reichsmark en 1924.
 
[3] Gretchen (l'orthographe Gretschen est peu répandue), diminutif de Margarete (Marguerite), désigne dans le langage familier une jeune femme allemande, l'équivalent de Margot. Son utilisation est très fréquente dans la presse de l'entre deux guerres pour désigner les femmes allemandes notamment celles séduites par l'occupant français.

[4]- Occupation de la Rhénanie de fin 1918 à 1930, et extension à la Ruhr à deux reprises (en 1921 puis de 1923 à 1925). L’armée française du Rhin compta 100 000 hommes en Rhénanie, et jusqu'à 210 000 lors de la première occupation de la Ruhr.


vendredi 31 décembre 2021

 Humour domestique et politique (1)

     Ce qui pourrait apparaître aujourd'hui dans certains dessins des années 20 comme de l'humour domestique avait pour le lecteur de  l'époque une résonance politique. Leur compréhension demande donc de faire retour à l'actualité telle qu'elle était transcrite par les journalistes.


Jean Routier -Le Journal,  1921-01-24 -gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France


     Une loi du 29 décembre 1920 autorisait la ville de Paris à percevoir une taxe municipale sur l'emploi des domestiques et une autre sur la possession de pianos, harmoniums et orgues. Les contribuables devaient déclarer d'une part leurs employés permanents (domestiques, précepteurs, gouvernantes) et d'autre part leurs pianos et autres instruments imposables. Ces mesures suscitèrent naturellement des interventions de politiques (Joseph Denais - avocat, conseiller municipal mais aussi co-directeur de La Libre Parole - proposa de les remplacer  par une taxe sur les étrangers résidant à Paris), de musiciens professionnels (qui réclamèrent un dégrèvement pour leur outil de travail), et de dessinateurs de presse (Hémard, Pavis, Sennep, Routier d'après un recensement en cours). Les chansonniers aussi s'en saisirent ; Dréan reprend un succès populaire créé en 1893 à l'occasion d'une première instauration de taxe sur les pianos supprimée au début du XXe siècle : "Cach'ton piano" [1].

      On comprend mieux l'interrogation du couple dessiné par Routier, face à une domestique cassant la vaisselle avec fracas.

Le Journal,  1920-12-29 -gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France 

















Note

[1]- Texte du refrain :

Si tu ne veux pas payer d'impôts
Cache ton piano, cache ton banjo
Cache ta trompette
Ton tambour avec tes baguettes
Tes castagnettes et tes grelots
Si tu ne veux pas payer d'impôts
Cache ton phono, cache ton saxo
Cache tes claquettes
Ton trombone et ta clarinette
Si tu ne veux pas payer d'impôts
Cache ton piano!

dimanche 27 décembre 2020

 Garder la ligne

 

 Un accroc au régime

     Parmi les histoires sans paroles publiées dans les Annales politiques et littéraires, cette bande en quatre images convient pour illustrer les fêtes de fin d'année. 

 

Jean Routier - Les Annales politiques et littéraires, 2092, 1923-07-29, p. 122. Coll. part.

      L'histoire de cette dame à tête d'oiseau qui succombe en passant devant la vitrine d'une pâtisserie a été l'occasion de rechercher d'autres productions de Jean Routier mettant en scène le souci du corps, voire l'obsession de la ligne. J'en ai trouvé trois s'échelonnant entre 1921 et 1925. 

 

Scènes bourgeoises et commentaire de l'actualité


Jean Routier -Le Journal,  1921-04-18 -gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
 

 

Jean Routier -Le Journal,  1922-06-20 -gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

 

Jean Routier -Le Journal,  1925-12-17 -gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

      Ces trois dessins parus en première page du Journal, presque centenaires, ont perdu toute force comique pour le lecteur de 2020. Regard graphique et, de ce fait, éphémère sur l'actualité, le dessin de presse ne trouve son sens que relié aux événements qui l'ont provoqué. Petit tour d'horizon des contextes.

- Le premier dessin, intitulé "Tout baisse", joue sur les mots "diminution" et "barème". En avril 1921, dans un contexte de hausse des prix des produits de première nécessité, André Paisant, sous-secrétaire d’État au ravitaillement dans le ministère Briand, a pour tâche de ramener à un taux plus raisonnable le prix des denrées alimentaires. Il met en place un barème pour les bouchers et les restaurateurs, mal accepté par les détaillants. Certains doutent de son efficacité et par conséquent de la baisse des prix. Les journaux publient quotidiennement des informations sur ce thème qui donne naturellement lieu à de nombreuses plaisanteries et à des dessins. Face à son épouse qui dit avoir diminué de taille, le mari, amusé, demande quel est le barème appliqué.

 - Le deuxième fait allusion à l'affaire du "cadavre dans la malle" qui a passionné l'opinion entre 1920 et 1922. Le procès de Madame Bassarabo, accusée d'avoir assassiné son mari et de l'avoir transporté dans une malle, s'ouvre le 6 juin 1922 [1]. La légende du dessin de Routier est un clin d’œil à l'actualité. 

- Le troisième se situe à un moment délicat du Cartel des gauches (1924-1928) confronté à des difficultés financières et monétaires. L'émission de billets, remède à la crise de trésorerie, est source d''inflation.  Le ministre "inflationniste à regret" évoqué par Routier est Louis Loucheur, ministre des finances d'un ministère Briand, qui voulait sortir de l'inflation en finançant les dépenses par des impôts nouveaux, et se heurta à la Commission des finances de la Chambre ; il démissionna le 16 décembre 1925 et fut remplacé par Paul Doumer.

En règle générale, les dessins du Journal sont assez modérés, observant le plus souvent avec bonhomie les travers de la société [2]. Les dessins de Jean Routier, tout à fait dans le ton du journal, manifestent toutefois son goût pour le commentaire politique ; il l'exercera, de manière plus incisive, quand il sera en charge de la couverture hebdomadaire du Cri de Paris, entre fin 1931 et 1939.

Annexe

Les difficultés de Louis Loucheur, vues par Henri-Paul Gassier.
 
H.-P. Gassier -Le Journal,  1925-12-7 -gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

 Au centre, Louis Loucheur tenant le portefeuille des finances, défendu par A. Briand, Président du Conseil.

Notes

[1] Voir un résumé de l'affaire dans Le Journal du 7 juin 1922, sous la signature de Geo London, chroniqueur judiciaire : Les procès sensationnels. Mme Bassarabo va répondre aux assises du mystérieux assassinat de son mari. 

[2] Relevé des dessinateurs ayant travaillé pour Le Journal pendant les mois considérés (avril 1921 ; juin 1922 ; décembre 1925) : Avelot, Capy, Faivre, Falké, Gassier, Genty, Guillaume, Hémard, Kern, Métivet, Nob, Pavis, Poulbot, Roubille, Roussau, Sem, Willette.